• 1978 - Michael Peppiatt (historien de l'art)

PROPOS SUR L'EXPOSITION GRATALOUP


Rachel-Guy Grataloup, qui vient juste de terminer une exposition à la Galerie Marquet et qui en prépare une autre cet été à la Maison de la Culture à La Seyne s/mer, près de Toulon est un artiste linéaire avec des préoccupations très différentes.


Il crée des séries qui trouvent leur point de départ à travers un dessin « sur le motif », qui est ensuite transposé sur la toile. Tous les traits sur ce premier dessin sont incisés afin que le dessin original puisse être reproduit, dans différentes couleurs et avec de nombreuses variations sur d'autres toiles en frottant la « matrice » avec du pastel. Les variations sont longuement réfléchies, aussi bien conceptuellement que visuellement.


On trouve par exemple certains paysages qui peuvent être regardés à travers différentes saisons, et /ou à différents moments de la journée. Ils représentent en quelque sorte ainsi, la version négative de l’un ou l’autre.


Au moyen de ce processus de transformation, Grataloup essaye de transmettre sa croyance dans l'universalité de chaque aspect de nature. Un arbre peut ainsi ressembler au soleil, symbole d’énergie et de croissance ; et en même temps on peut se rendre compte des dualités inévitables : une explosion de matière qui tient immobile un rayonnement qui consomme une fragilité en fleur.


L'artiste explique qu'un tel sujet pourrait l’inspirer dans son travail une vie entière. Puisqu'il peut trouver toute l'existence dans la fragmentation du basalte, dans la montée subite brillante de la mer et de la peau sculptée du sable, on comprend alors que pour lui, tous les sujets ne forment qu’un seul.


Michael Peppiatt : Paris mai1978 (historien de l'Art)