VÉGÉTAL
En 1978, dans le prolongement de la série L’Éveil du végétal, GRATALOUP entreprend une nouvelle recherche qu’il intitule simplement Végétal.
Les œuvres de cette série prennent pour point de départ des frottages réalisés à partir de végétaux. Mais l’empreinte obtenue n’est plus conservée dans son intégrité. GRATALOUP découpe le papier frotté en petits carrés de 7 × 7 cm, qu’il réassemble et colle sur la toile selon une organisation précise. L’image initiale se trouve ainsi fragmentée puis recomposée, à la manière d’un puzzle.
Par ce procédé, GRATALOUP introduit une nouvelle étape entre l’empreinte de la nature et l’œuvre achevée. Le frottage enregistre d’abord directement la structure du végétal — ses nervures, ses rythmes, les accidents de sa matière — avant que l’artiste ne vienne déconstruire cette empreinte pour en proposer une nouvelle organisation.
La régularité géométrique du carré entre alors en tension avec le caractère organique du motif. À la continuité naturelle du végétal se substitue une surface discontinue, rythmée par la répétition et l’assemblage des fragments. Certaines formes se prolongent d'un carré à l'autre, tandis que d’autres sont interrompues ou déplacées, faisant progressivement perdre au végétal son caractère descriptif.
Cette fragmentation peut être comprise comme une nouvelle étape dans la recherche menée par GRATALOUP autour de la matrice, de l’empreinte et de la transformation du réel. La nature fournit la matière première de l’image, mais celle-ci est ensuite soumise à un processus de décomposition et de reconstruction. Le végétal n’est plus seulement représenté ni même simplement révélé par son empreinte : il devient un vocabulaire de formes que l’artiste peut fragmenter, déplacer et recomposer.
Avec la série Végétal, GRATALOUP confronte ainsi deux principes qui traverseront durablement son œuvre : l’ordre organique de la nature et l’ordre construit de la géométrie.

La série « VÉGÉTAL » comporte 2 œuvres.

