top of page
 Installation Massabielle, Chapelle de la Trinité, LYON, 2003

Chapelle de la Trinité
LYON, 2003

MASSABIELLE

De Lourdes à une œuvre monumentale

UNE EXPÉRIENCE FONDATRICE

​Le 11 août 1999, jour de l’éclipse solaire, GRATALOUP se rend à Lourdes. Il a soixante-quatre ans. Dans le prolongement d’une recherche spirituelle qui traverse son œuvre, il accomplit le parcours traditionnel du pèlerin : l’eau, la grotte de Massabielle et l’office religieux.

​

Sur la route du retour, alors qu’il écoute à la radio les commentaires consacrés à l’éclipse, il entend évoquer les rituels accomplis ce même jour en Inde. Il décide alors de s’asperger avec l’eau rapportée de Lourdes. C’est à cet instant qu’il vit une expérience intérieure d’une intensité exceptionnelle.

​« Il a fallu que j’atteigne soixante-quatre ans pour que j’aille pour la première fois à Lourdes ; par une vraie chance, le jour de l’éclipse du soleil. J’ai voulu suivre le parcours classique du pèlerin : eau, grotte et service religieux. […] Alors que je conduisais toujours, le ciel s’est ouvert et m’est tombée dessus une grande force d’amour. En rentrant, j’ai commencé la série des “Massabielle”. »

— GRATALOUP

​De retour à l’atelier, GRATALOUP commence à travailler sur ce qui deviendra l’un de ses ensembles les plus monumentaux.

Massabielle est née.

UNE ŒUVRE ENTRE PEINTURE ET INSTALLATION

Manger l'herbe, toile de la série Massabielle par Grataloup
Le cierge, toile de la série Massabielle par Grataloup
Gratter la terre, toile de la série Massabielle par Grataloup

2003, La Chapelle de la Trinité

Massabielle n’est pas une série de tableaux au sens traditionnel. GRATALOUP conçoit de grands triptyques-installations dans lesquels peinture, matières, surfaces réfléchissantes et éléments en volume se prolongent dans l’espace.

​

Le cycle compte aujourd’hui dix œuvres. Neuf étaient déjà réunies lors des grandes présentations historiques de Massabielle. Une dixième œuvre, réalisée ultérieurement et attestée dans l’ouvrage GRATALOUP, Couleur Lumière publié en 2016, est aujourd’hui conservée à l’atelier.

​

Chaque Massabielle possède sa propre identité, mais toutes sont construites à partir d’un langage plastique commun.

La grotte barricadée

Massabielle, La Chapelle de la Trinité,
2003 Lyon

La grotte barricadée

Massabielle, La Chapelle de la Trinité,
2003 Lyon

Dans la partie inférieure apparaît la grotte de Massabielle. D’une œuvre à l’autre, GRATALOUP en modifie les couleurs, les matières et les prolongements afin d’évoquer différents moments du récit de Lourdes.

​

​Au centre de la composition, une large bande d’acier inoxydable poli capte et réfléchit la lumière, l’architecture du lieu et la présence du spectateur. Le reflet n’est donc jamais exactement le même : le lieu dans lequel l’œuvre est exposée entre lui-même dans Massabielle.

​

À proximité de cette bande d’inox apparaît un autre motif essentiel : le Soleil et la Lune au moment de leur rencontre, évocation directe de l’éclipse solaire du 11 août 1999. Cette éclipse appartient à l’histoire même du cycle. Elle est contemporaine de la visite de GRATALOUP à Lourdes et de l’expérience spirituelle qu’il situe à l’origine de Massabielle.

​

​Dans la partie supérieure, des milliers de signes et de particules envahissent la surface. Ils évoquent cette énergie que GRATALOUP disait avoir ressentie lorsque, sur la route du retour, il eut la sensation que le ciel s’ouvrait et qu’une « grande force d’amour » descendait sur lui.

​

​Les deux petites roses jaunes que l’on retrouve au sommet de plusieurs œuvres renvoient quant à elles à la description donnée par Bernadette de la Dame de Massabielle : vêtue de blanc, ceinte de bleu et portant une rose jaune sur chaque pied.​

Ainsi, chaque œuvre fait se rencontrer deux temporalités :

Lourdes en 1858, avec Bernadette Soubirous.

Lourdes en 1999, avec GRATALOUP.

DES MOMENTS EMBLÉMATIQUES DE LOURDES

GRATALOUP ne cherche pas à illustrer chronologiquement les dix-huit apparitions. Il en retient des moments emblématiques : des paroles, des gestes, des objets et des signes. Un même épisode peut donner naissance à plusieurs œuvres. À l’inverse, certains événements sont condensés dans un seul dispositif plastique.

​

La critique Béatrice Comte qualifiait en 2003 ces œuvres d’« abstraites et récitatives », observant que la grotte décline, d’une œuvre à l’autre, différents moments du mystère de Lourdes. C’est cette articulation entre abstraction et récit qui constitue l’une des singularités de Massabielle.

25 février 1858
LA TERRE, L'EAU, L'HERBE

Cette journée constitue l’un des épisodes majeurs du récit de Massabielle.

GRATALOUP semble lui avoir accordé une place particulière en isolant plusieurs de ses moments successifs.

De 1858 à 1999

Massabielle ne superpose pas simplement des épisodes de Lourdes à l’univers plastique de GRATALOUP. Le cycle fait véritablement dialoguer deux expériences séparées par près d’un siècle et demi.

​

En 1858, Bernadette rencontre à Massabielle une présence qu’elle ne sait d’abord pas nommer.

En 1999, GRATALOUP se rend dans ce même lieu le jour d’une éclipse solaire et vit sur la route du retour une expérience qu’il décrit comme la réception d’une immense force d’amour.

​

Dans les œuvres, ces deux histoires deviennent indissociables. La grotte appartient à Bernadette, l’éclipse appartient à GRATALOUP. L’inox réfléchissant introduit le présent et celui qui regarde. Passé et présent, récit et expérience, matière et lumière se rencontrent ainsi dans chaque composition.

UNE INSTALLATION MONUMENTALE, RAREMENT PRÉSENTÉE

Chapelle de la Trinité 3003

La Chapelle de la Trinité à Lyon a offert à Massabielle les volumes nécessaires à son déploiement. Les triptyques prenaient place dans l’architecture tandis que leurs installations se développaient au sol.

Les perspectives permettaient de percevoir simultanément plusieurs œuvres et de comprendre que Massabielle devait être appréhendée comme un ensemble spatial, et non comme une succession de peintures isolées.

Chapelle Saint-Louis de la Salpétrière, 2002

Le cycle a également été présenté dans la Chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière à Paris.

L’ampleur de l’architecture permettait là encore aux peintures, aux installations et aux perspectives de dialoguer avec le lieu.

Ces deux présentations historiques donnent la mesure de ce qu’exige Massabielle : une architecture capable d’accueillir non seulement les œuvres, mais l’espace qu’elles créent autour d’elles.

Présenter Massabielle constitue en soi un projet scénographique d’envergure. Les dimensions des œuvres, leur poids, leur nombre et les dispositifs qui prolongent plusieurs triptyques dans l’espace rendent le montage particulièrement exigeant. Il faut transporter et manipuler les grands formats, reconstituer les installations, prévoir les distances nécessaires entre les œuvres, organiser les circulations et concevoir une mise en lumière adaptée. La présence de l’acier inoxydable réfléchissant implique également un dialogue particulier avec l’architecture et la lumière du lieu.

​

Ainsi, Massabielle ne s’accroche pas simplement : elle s’installe. Cette exigence explique que le cycle complet ait été très rarement présenté. Elle fait également de chacune de ses présentations un événement exceptionnel.

LE SOUHAIT DE GRATALOUP : LOURDES

Pour GRATALOUP, Massabielle était indissociable du lieu où le cycle avait pris naissance. Il souhaitait un jour pouvoir présenter l’ensemble à Lourdes et avait même envisagé d’en faire don, afin que l’œuvre puisse y demeurer durablement. Ce projet ne s’est pas concrétisé de son vivant.

​

Cette intention donne aujourd’hui à Massabielle une résonance particulière : née d’une expérience vécue à Lourdes, l’œuvre était aussi pensée par son auteur comme destinée, un jour, à revenir vers son lieu d’origine.

EXPOSER MASSABIELLE

Massabielle n’est pas une exposition itinérante conventionnelle. En raison de sa monumentalité et de la complexité de son installation, sa présentation est destinée à des projets institutionnels d’envergure, dans des lieux capables d’en accueillir les dimensions et les exigences techniques.

Grand édifice religieux, abbaye, monument historique, espace patrimonial ou institution d’art contemporain : chaque nouvelle présentation doit être pensée spécifiquement en fonction de l’architecture du lieu.

La rareté de ses présentations constitue précisément l’une des forces du projet : réunir Massabielle aujourd’hui signifie rendre de nouveau visible un ensemble majeur de GRATALOUP rarement accessible au public.

L’association Les Amis de GRATALOUP assure la conservation et la valorisation de l’œuvre et accompagne les institutions dans l’étude artistique, scientifique, scénographique et technique d’un projet de présentation.

IMAGINER CETTE EXPOSITION DANS VOTRE LIEU

Les institutions souhaitant étudier la possibilité d’accueillir Massabielle peuvent prendre contact avec Les Amis de GRATALOUP afin d’examiner l’adéquation du lieu, les conditions techniques et la conception d’une scénographie adaptée.

bottom of page